FORTUNEO / CAMPAGNE HORS SOL.
On a connu Fortuneo plus inspiré qu’aujourd’hui.
Rappelez-vous, il y a peu, Fortuneo nous invitait à « Arrêter de banquer », s’érigeant ainsi avec brio en pourfendeur du système et en chantre du consumérisme bancaire… Pleinement dans son sujet et dans son époque, Fortuneo faisait ainsi preuve d’une belle capacité à prendre le pouls de la société et à répondre efficacement à toutes les petites frustrations et agacements du quotidiens qui minent la relation d’un client à sa banque…
Aujourd’hui (depuis le 08/01 précisément), c’est avec un curieux « J’aime ma banque » que Fortuneo reprend l’initiative en présentant un personnage qui, sur le ton de la confidence, affirme qu’il aime quand c’est simple, quand c’est lui qui décide et quand c’est offert par la maison… Bref, il aime Fortuneo, CQFD.
Problème de « forme » ? Non, c’est bien réalisé. Problème de « fond » ? Non plus, pas ici, bien que rien de nouveau en soi sous le soleil. Problème de « moment » ? Oui. Parce qu’à l’heure où 44% des français s’inquiètent de la solidité des banques (IFOP / Atlantico.fr) et de l’éventuel effet domino que la crise actuelle pourrait avoir sur ceux à qui ils confient leur épargne, l’exercice de totale abstraction auquel s’est prêté Fortuneo interroge et interpelle.
Pourquoi éluder le contexte ? Pourquoi ne pas aborder les questions qui fâchent et assumer pleinement la situation ? Pourquoi considérer qu’à l’heure où les « marchés » et les cassandres en tous genres se répandent partout en propos apocalyptiques, Fortuneo n’a nul besoin de rassurer et d’expliquer pour convaincre ? Pourquoi ne pas engager une transparence nouvelle et une relation mature et équilibrée à leurs clients ?
A contretemps, Fortuneo n’a pas su prendre la mesure du contexte socio-économique, ni de ses impacts psychologiques. A contre-courant, il a privilégié l’optimisme à tous crins en s’adressant un naïf et nombriliste « Je t’aime » qui, on peut prendre les paris, n’aura pas les mêmes effets en termes de recrutement que le très réussi « Arrêter de banquer » !
Bref, tout cela manque de « Parlons vrai », comme nous y invite BNP PARIBAS avec cette excellente campagne qui a su, elle, traduire les insights clés du moment…

